Camps jusqu'à 4000 m. Etapes, moins de 15km/jour, franchissement de rivières, passages en glacier sur parties non glacées, passages en pierriers.
Juste en face de Karimabad, la clef de voûte du tourisme au Pakistan, une vallée qui est très peu visitée. Nous eûmes la surprise de constater que les mineurs de Chumar Bakor n’avaient jamais vu une femme dans ce village de mineurs, Pascale était apparemment la première !
Visiter cette vallée est une expérience humaine forte, les mines d’aigue marine les plus hautes au monde, un glacier parmi les plus chaotique que nous ayons vu au Pakistan, un panorama peu connue de Karimabad et du Ultar. Un col qui rejoint la vallée de Nagyr et fait se rapprocher si près du Diran qu’on pourrait presque le toucher, de nouveaux itinéraires à ouvrir. Sa verticalité rappelle un peu la vallée de Nangmah. La découverte se fait en deux ou trois petites journées. Que voulez vous de plus ?
Facile pour un aller et retour jusqu’aux mines de Chumar Bakor. Le chemin est très bien tracé, les mineurs l’empruntent depuis 25 ans. Etre acclimaté ou faire une pause d’une nuit où s’arrête la piste. Modéré à difficile pour le col du Sulpultur Nala. Juste après le col une descente dans des éboulis, bien rester au milieu, risque de chutes de pierres sur les cotés.
Il y aurait deux autres cols pour rejoindre la vallée de Nagyr. Il n’aurait pour au moins un d’entre eux jamais été emprunté par des étrangers. Malheureusement nous n’avons pas pu avoir les noms ni les informations les concernant. Se renseigner auprès de la population locale, prendre un guide qui connaît les trajets empruntés par les chasseurs.
Un col serait plus facile que le Sulpultur Nala, un autre demanderait à traverser un glacier. Pour le Sulpultur Nala, les locaux nous ont dit pas de problèmes, c’est facile, vous serez à Nagyr en 3 heures depuis Mamu Bar. Hors, il nous a fallu 9 heures, et la descente est périlleuse par endroits. Je pense que même en courant il faut de toute façon plus de 4 heures. Donc, après coup, les deux autres cols doivent être beaucoup plus dur que ce qui est annoncé, voir extrêmement dur pour celui où il y a un glacier à traverser. Ne vous fiez pas aux commentaires des mineurs, qui vous annoncent que tout est simple et prévoyez un itinéraire dur et long.
Guide : De 1000 à 1200 rps/jour sans le tips ni wapasi. Porteurs : compter 300 rps/stage sans la nourriture 350 rps/stage avec. Lorsque nous avons parcourus cet itinéraire nous étions les seuls depuis la fin des années 90 où un français était déjà venu faire un reportage vidéo sur les mines, autant dire que personne ne vient visiter cette vallée. Pour les stages se sera à vous de définir combien il y en a avec le guide et les porteurs. Vous devez pouvoir négocier un âne ou un cheval, ils sont nombreux. Recruter sur Karimabad.
S’y rendre : Depuis Aliabad, prendre un bus ou minivan qui part à 6heures du matin ou vers 10 heures lorsqu’il est plein pour Sumayar, juste en face ( 30 rps/personne). A Sumayar, organiser un véhicule, certains jours des mineurs montent et il est possible de partager les frais du véhicule avec eux. Pour une jeep spéciale compter 1000 rps. Si vous faîtes l’aller et retour jusqu’au mines ils peuvent appeler un véhicule depuis Chumar Bakor, idem pour les prix. Depuis Hoper compter 1000 rps pour un spécial, et environ 100 rps pour une passenger. Depuis Nagyr Bazar 700 rps pour un spécial jusqu’à Karimabad et aux alentours de 50 rps pour un van passengers. Faire la route à pied n’est pas ce qu’il y a de plus agréable, compter 7 à 10 heures de marche jusqu’à la fin de la piste. Environ 14 km et plus de 1000 m de dénivelé positif.
Dormir : Il n’y a rien pour le touriste vu qu’il n’y en a jamais ! A Chumar Bakor, les mineurs se sont un plaisir de nous inviter dans leurs cahutes, c’est enfumé, à près 4500 m d’altitude... Prévoyez une tente.
Période :
Juillet – mi septembre.
Ravitaillement :
Karimabad, Aliabad.
Jour 1
Sumayar – Chumar Bakor
Cote de départ : 2100 m
Cote d’arrivée : 4400 m
- 20 m + 2300 m dont + 1150 en marchant
Distance: 26 km dont 14 possible en jeep
Temps de progression : 5 à 6 heures
Le chemin débute où la jeep s’arrête. Il serpente 30 mn sur la moraine latérale jusqu’à un camp où il est possible de dormir (de l’eau de source). La vue sur le glacier est spectaculaire, c’est une cascade de glace de plus de 500 m de dénivelé, des morceaux tombent sans arrêt et se fracassent de tous cotés. Le chemin monte en lacets pour arriver jusqu’au niveau du haut du glacier. C’est d’un seul coup très raide, il faut monter en plein dans la falaise par un chemin aérien ! L’entrée de Chumar Bakor est marquée de deux cairns, la pente s’adoucie enfin, et longe la vallée en repartant vers l’aval. Encore 30 à 40 mn pour arriver jusqu’à Chumar Bakor, le village de mineurs. L’été ils sont 350 à extraire les aigues marines de la montagne. Vous aurez sûrement l’occasion de visiter les mines.
Eau : Une source a Chumar bakor
Jour 2
Chumar Bakor - Hoper
Cote de départ : 4400 m
Cote d’arrivée : 2800 m
- 1900 m + 355 m
Distance: 16 km
Temps de progression : 8 à 10 heures
Jusqu’au col du Sulputur Nala 4750 m
-10 + 355
1h30 à 2h30
Sortir du village en remontant la vallée avec sur la droite le Diran dans toute sa majesté. La pente est régulière, après une bonne demie heure, le col est visible au loin sur la gauche. Il faut une heure pour le rejoindre, au Sulpultur Nala la vue est superbe sur les sommets environnants, en face le Lupgar Sar, la tour de Gulmit, derrière le Diran.
La première partie de la descente est dure, entre des rochers instables. 45 plus tard, traverser une langue de glace en passant sur la gauche, une chute vous ferait partir en luge sur plus de 100 m, prendre son temps, si vous avez des crampons, ils peuvent être utiles à cet endroit. Attention aux chutes de pierres sur le cotés, les falaises sont instables, nous avons vu au moins 4 en descendant sur cette partie, et elles vont loin. Juste après la langue de neige la pente s’adoucie légèrement. Au bout des constructions, sur un replas. A partir de ce point continuer au milieu sur 500 m, la pente reprend, et sur le coté gauche un vallon commence à se former, le traverser et passer coté gauche, un sentier est vaguement tracé dans la verdure.
Un nouveau décrochement révèle de vertes prairies ou paissent les yacks. A partir de là c’est plus agréable et le sentier est bien marqué. Descendre dans le fond du vallon, puis après 20 mn reprendre légèrement sur le flanc gauche, le chemin descend par paliers, jusqu’à un nouveau point de vue sur les hauteurs de Nagyr. C’est a nouveau raide, viser les champs au bas du village perché sur la colline. Descendre en suivant les chemins qu’empruntent les brebis, c’est bien raide.
Arrivé en bas contourner la colline au village, et prendre le chemin principal qui descend pour franchir le cours d’eau principal de la vallée. C’est raide jusqu’au ruisseau, juste après une partie plate qui mène dans les hauteurs de Nagyr. Pénétrer dans la zone habitée en se décalant sur la droite, ne pas descendre tout droit sauf si vous voulez marcher jusqu’au bazar de Nagyr. Marcher 45 à 50 mn jusqu’à Hoper, de là de nombreuse jeeps jusqu’à Karimabad.
Dans la zone habitée les gamins peuvent être particulièrement chiants, et vont jusqu’à vous jeter des pierres. Vous trouverez toujours en chemin quelqu’un pour vous aider à vous en débarrasser, en lot de consolation on vous offrira sûrement abricots ou autres fruits de saison.
Eau : Chumar Bakor, en route vers le col. Dans le milieu de la descente.
Point de vue sur la vallée de Hunza
Les mineurs nous ont parlé d’un point de vue superbe sur toute la vallée de Hunza à 1 heure des mines. Se renseigner auprès d’eux.
ATTENTION Les treks qui sont décris dans cette rubrique ont tous été parcourus par l'auteur, les itinéraires y sont détaillés journalièrement, des cartes et photos les accompagnent. En aucun cas ces fiches, ne remplaceront l'expérience d'un guide local, elles sont un complément et doivent être prises comme tel ! Ne partez surtout pas seul, sans avertir qui que ce soit ! Le tracé de certains sentiers peut changer d'une année sur l'autre, les glissements de terrains, coulées de boue étant suffisamment nombreux.