Camps jusqu'à 4000 m. Etapes, moins de 15km/jour, franchissement de rivières, passages en glacier sur parties non glacées, passages en pierriers.
Un col peut pratiqué, à plus de 4500 m, pour un des plus beaux panoramas de montagnes au Pakistan. Depuis le Rakaposhi, vous aurez une vue jusqu’au Haramosh en passant par le Diran et le Malubiting. Loin des treks les plus connus du pays, c’est aussi l’occasion de découvrir une vallée rarement visitée, à 2 petites heures de Gilgit.
Malheureusement, je n’ai pas pu arriver jusqu’au Rakan Gali. Fin mai, le col était trop enneigé, je me suis arrêté à 150 en dessous, enfoncé dans un mètre de neige !
Petites histoires sur la vallée de Bagrot
Les Bagoros ou Bagorés : Quelle ne fut pas notre surprise en revenant à Gilgit de voir tous nos amis Pakis rire à l’évocation de la vallée de Bagrot. En creusant un peu nous avons vite appris quelle en était la raison.
Cette vallée est célèbre dans tout le Pakistan pour les plaisanteries concernant l’esprit léger de ces habitants. Comme les blagues Belges en France, ou Française en Belgique, elles égaient le quotidien de tout le pays. Loin de cette vision, la vallée de Bagrot est magnifique. Une vallée parfaite, couronnée par les flancs sud du Rakaposhi et du Diran, ses habitants sont généreux, et loin de la réputation qu’ils ont dans tout le reste du Pakistan.
De Chira à Gargo, il y a juste la traversée du glacier qui peut poser problème. Il est pratiqué par les habitants de Bagrot, pour accéder aux estives dans la partie supérieure de la vallée. La montée jusqu’au col n’est pas difficile, lorsqu’il n’est pas enneigé.
Guides et porteurs : A Bagrot, nous avons rencontré une seule personne qui parlait anglais ! Pour le guide mieux vaut le recruter à Gilgit. De nombreux habitants de Chirah se proposeront pour vous accompagner en tant que porteurs. Pour un guide comptez, de 1000 à 1200 /jour. Pour un porteur, lorsque nous avons demandé à Chira ils n’avaient pas l’air de connaître les prix ! Nous l’avons payé au taux 2007, 350 rps par stage incluant la nourriture. Ils n’avaient pas l’air non plus d’être au courant du nombre de stages, nous en avons défini 4 AR jusqu’à Gargo, pour le Rakan Gali ajouter deux de plus AR. Si vous voulez aller jusqu’à Hanuchal en traversant le Rakan Gali, avec plus de 3 porteurs ça peut poser problème, organiser un changement de porteurs au col, comptez 6 à 8 stage. Renseignez vous à Gilgit.
S’y rendre : Au Pakistan, lorsqu’on sort des sentiers battus, c’est problématique ! Pour Bagrot nous avons cherché les transports pendant une demie journée, écumant les stations de bus de Gilgit. Finalement nous sommes montés dans une jeep qui se rendait de toute façon à Chirah pour 250 rps/ personne. Un spécial coûte aux alentours de 1500 rps AS. La solution serait d’aller à Danior en Suzuki ou taxi et de prendre une passenger jeep qui part entre 11 H et 15 H.
L’ennui c’est que nous ne savons toujours pas d’où. Si vous choisissez cette option attendez vous à ce qu’on vous disent là bas tout et n’importe quoi : Il n’y a pas de jeep, elle est déjà partie, on vous a mal renseigné, Bagrot c’est dans la direction de Hunza (les Pakis qui voient un touriste perdu se disent souvent il ne peux aller qu’a Hunza et avec toute la gentillesse du monde, vous envoient là bas !)…. Et peut être, un oui, la jeep est là et elle part dans 10-15 minutes !
Période :
De la mi juillet à la mi septembre. Tôt en saison, il y a trop de neige, danger d'avalanches réel !
Ravitaillement :
Gilgit.
Jour 1
Chira - Gargo
Cote de départ : 2550 m
Cote d’arrivée : 3500 m
-100 m + 1050 m
Distance : 13 km
Temps de progression : 5 à 7 heures
Sortir de Chirah en suivant le chemin qui remonte la vallée principale. Plus loin on devine le sentier qui remonte à flanc de falaise, le suivre. La face sud du Rakaposhi se dévoile peu à peu. Le chemin redescend en tournant à droite au niveau de la rivière. La vue sur la haute vallée de Bagrot est superbe, une suite de 7000. Arrivé au niveau du cours d’eau, remonter en prenant sur la gauche jusqu’à un pont 500 m plus loin. Le traverser et continuer en rive droite.
Après être sorti des zones habitées, la pente devient plus raide. L’ambiance reste agréable dans une forêt de junipérus jusqu’à la moraine latérale. Une partie désertique précède le glacier, attention aux chutes de pierres. La traversée du glacier Burche dure une bonne heure. Passer petit à petit de l’autre coté, ensuivant le sentier ponctué de cairns. Juste à la sortie du glacier, un point d’eau à proximité d’un pin solitaire. Un peu plus loin, l’ambiance redevient agréable sous une forêt de résineux. Après 1 bon km, le premier point de vue sur la face nord ouest du Bilchar Dobani et sur Gargo. Traverser le ruisseau et s’installer dans la prairie ou si on vous y invite, sur un des toits de cabanes.
Gargo doit peut être vouloir dire mouche en Shina ? Le camp est le plus horrible que nous n’ayons jamais vu en ce qui concerne l’affluence de ces diptères ! Des milliers de mouches, collantes comme tout ! Le soir juste à peine le temps de rentrer dans notre tente et de la fermer qu’elles étaient déjà des dizaines à être entrées. Un pur cauchemar.
Eau : Juste au dessus du camp, une belle source.
Jour 2
Gargo – Rakhan Gali - Gargo
Cote de départ : 3500 m
Cote d’arrivée : 4550 m
- 0 m + 1050 m
Distance AR : 12 km
Temps de progression : 6 à 8 heures
Se lever tôt, remonter la vallée dominée par le beau flanc du Bilchar Dobani (ce n’est pas le sommet). Un sentier part sur la gauche dans la forêt et remonte doucement. Au sortir du bois continuer dans la même direction et passer dans le fond de la vallée. Après 1H30 à 2 heures traverser Agubsar Dar, un camp au Pied du Bilchar Dobani, juste de quoi mettre une tente dans ce cirque impressionnant. La suite est raide, plusieurs possibilités pour rejoindre le Rakan Gali, qui est légèrement sur la droite, dans le creux. Remonter sur une des buttes à votre gauche (éviter les couloirs d’avalanche), jusqu’à une partie un peu plus plane et prendre sur la droite, traverser une cuvette et remonter jusqu’au col. Les distances sont trompeuses, comptez 2 à 3 heures. Au col il est possible de voir une chaîne de 7000, du Rakaposhi au Haramosh. Revenir par le même chemin.
Eau : Un ruisseau au camp de Agubsar Dar.
Jour 3
Gargo - Chira
Cote de départ : 3500 m
Cote d’arrivée : 2550 m
-1050 m + 100 m
Distance : 13 km
Temps de progression : 4 à 6 heures
Revenir jusqu'à Chira
Jour 1 & 2
Cote de départ : 4550 m
Cote d’arrivée : 1700 m
- 2850 m + ? m
Distance AR : 25 km
Temps de progression : 2 jours
Redescendre sur une pente bien marquée et caillouteuse. Rejoindre le camp de Darchan, ce sont les hautes estives du Hanuchal. Possibilité d’avoir de l’eau. Le jour suivant redescendre à Hanuchal, c’est une longue journée. Attention dans le secteur Haramosh, c’est comme vers le Rupal Gah, vous n’êtes pas spécialement les bienvenus (Voir texte Rupal). A Hanuchal, vous êtes sur la route de Skardu, prendre un des nombreux véhicules qui revient sur Gilgit.
ATTENTION Les treks qui sont décris dans cette rubrique ont tous été parcourus par l'auteur, les itinéraires y sont détaillés journalièrement, des cartes et photos les accompagnent. En aucun cas ces fiches, ne remplaceront l'expérience d'un guide local, elles sont un complément et doivent être prises comme tel ! Ne partez surtout pas seul, sans avertir qui que ce soit ! Le tracé de certains sentiers peut changer d'une année sur l'autre, les glissements de terrains, coulées de boue étant suffisamment nombreux.