Bivouac sur plusieurs jours : préparer son sac sans emporter la maison

Bivouac sur plusieurs jours : préparer son sac sans emporter la maison

Le premier soir d’un trek de plusieurs jours révèle presque toujours la même chose : le sac est trop lourd, et ce n’est pas la faute du matériel indispensable. Ce sont les « au cas où » qui s’accumulent, une deuxième polaire, un troisième tee-shirt, une trousse de toilette complète, un couteau de cuisine. Sur une journée, on les porte sans y penser. Sur quatre jours et quelques milliers de mètres de dénivelé, chaque kilo se paie dans les montées.

La veille du départ, tout étaler sur le sol

La méthode la plus efficace est aussi la plus simple. Sortez tout le matériel prévu, étalez-le sur le sol et pesez-le, objet par objet, avec une balance de cuisine. Distinguez ensuite le poids de base, soit tout ce qui reste dans le sac du premier au dernier jour, des consommables, eau, nourriture et combustible, qui diminuent en route. C’est sur le poids de base que se gagnent les vrais kilos.

Faites alors trois tas :

  • ce qui sert tous les jours : couchage, abri, réchaud, vêtements portés ;
  • ce qui sert en cas de problème : pharmacie, couverture de survie, piles ou batterie de secours, de quoi réparer un matelas ;
  • ce qui servira « peut-être ».

Le troisième tas reste à la maison, à une exception près : les vêtements de pluie, qui ne sont jamais un « peut-être », même sous un ciel parfaitement bleu au départ.

Le couchage se choisit pour la nuit la plus froide

Le sac de couchage est souvent l’objet le plus volumineux du chargement, et celui sur lequel on se trompe le plus. Les modèles vendus en Europe affichent des températures établies selon la norme ISO 23537, avec une température de confort, calculée pour une personne plutôt frileuse, une température limite, pour une personne qui a moins froid, et une température extrême qui correspond à un risque pour la santé, pas à une nuit envisageable. Choisissez en fonction de la nuit la plus froide prévue sur l’itinéraire, en altitude ou au fond d’un vallon humide, pas de la moyenne.

Le matelas compte autant que le sac. Le duvet écrasé sous le poids du corps n’isole presque plus ; si le matelas isole mal, le sol pompe la chaleur par en dessous, et le dormeur accuse son sac à tort. Les fabricants indiquent de plus en plus une valeur R : plus elle est élevée, plus le matelas isole du sol.

Porter l’eau au plus juste, d’un point d’eau à l’autre

Un litre d’eau pèse un kilo, et ce chiffre ne se négocie pas. Sur un itinéraire chaud et exposé, comme un sentier de crête caillouteux où l’ombre se fait rare, il faut parfois porter plusieurs litres entre deux points d’eau. La seule façon d’alléger vraiment consiste à repérer les points d’eau avant de partir et à ne porter que la quantité nécessaire pour rejoindre le suivant, avec une marge.

D’où l’intérêt d’une gourde filtrante ou d’un filtre, qui permet de remplir au ruisseau plutôt que de porter trois litres depuis le départ. Les filtres à fibres creuses retiennent les bactéries et les protozoaires, mais pas les virus ; près des habitations ou des zones de pâturage, un traitement chimique en complément reste prudent. Un filtre se teste avant le départ et se protège du gel la nuit, car une membrane qui a gelé humide peut être abîmée sans que rien ne se voie.

La frontale, l’objet qu’on oublie de vérifier

On la glisse dans le sac sans l’allumer. Son autonomie en mode puissant est souvent courte, et c’est justement ce mode qu’on utilise pour retrouver un sentier à la nuit tombée. Un mode rouge, qui préserve la vision nocturne et n’éblouit pas les voisins de bivouac, rend aussi service. Pour choisir une frontale, mais aussi un sac de couchage ou une gourde filtrante, les comparatifs de la rubrique outdoor de Runny Outdoor rassemblent des tests publiés par d’autres médias plutôt que des essais maison, ce qui donne une vue d’ensemble avant d’acheter.

Des vêtements secs qui ne quittent jamais le campement

Côté pluie, une règle de vieux randonneur vaut d’être suivie à la lettre. Un jeu de vêtements secs reste réservé au campement et ne sert jamais pour marcher. Mouillé le jour, au sec le soir, c’est la garantie de dormir au chaud même après une étape sous l’averse.

Le sac à dos se choisit en dernier

L’erreur classique consiste à acheter le sac d’abord, puis à le remplir. Le volume se déduit du matériel, pas l’inverse. Une fois le couchage, l’abri et les vêtements réunis, on voit tout de suite s’il faut 40 ou 60 litres. Le réglage de la longueur de dos compte ensuite davantage que la marque, et la ceinture ventrale doit porter la plus grande partie de la charge, pas les épaules.

Au remplissage, le duvet va au fond, les objets lourds contre le dos, à hauteur d’omoplates, et la veste de pluie tout en haut, accessible sans tout déballer. Avant le grand départ, faites une sortie d’une journée avec le sac chargé, eau comprise, sur un dénivelé comparable. C’est là que l’on découvre la sangle qui frotte ou l’objet qu’on n’a pas sorti une seule fois.